Electrique ou pas ?

Electrique ou pas ?

11 février 2020 Ecologie Technique et matériel

La demande en VAE (Vélo à Assistance Electrique) est croissante, de plus en plus de cyclistes envisagent cette solution. Pour d’autres encore, c’est un excellent moyen d’abandonner la voiture ou le scooter pour passer à la mobilité douce.

Vous êtes nombreux à nous demander notre avis, nos solutions, voici donc ici notre regard sur le vélo électrique :

Tout d’abord, en tant que fabricant, les Cycles Sémaphore s’interrogent sur la place de cette tendance dans la longue histoire du vélo. Est-ce un levier extraordinaire pour doper la place du vélo dans nos paysages ? Est-ce une répétition de nos erreurs passées (et les cyclomoteurs prenant petit à petit la place des bicyclettes dans les magasins de vélos à partir des années 1960) ? Est-ce un moyen pour étendre nos usages et le périmètre de nos déplacements ? Ou un luxe occidental inadapté à grande échelle ?

Peut-être un peu de tout cela, non ? Dans la grande thématique des bouleversements climatiques, et son lot d’incertitudes, nous cherchons nous aussi des solutions, des alternatives. Et franchement, elles ne sont pas simples. Difficile de nier que le vélo électrique désencombre les centres urbains, qu’il permet d’étendre les trajets, qu’il rend accessible la pratique à un plus grand nombre, qu’il permet de transporter des charges plus importantes. Cependant, nous identifions deux problématiques majeures :

1. Comment produire une électricité qui soit propre (et qui évite de présenter un danger) ? Sur cette question, nous n’avons que peu de solutions, si ce n’est celle de soutenir le seul fournisseur d’électricité verte, à savoir Enercoop. C’est le choix que nous faisons, et nous en sommes très heureux.

2. Comment, tout en répondant à un besoin réel, proposer un moteur qui soit compatible avec un vélo que l’on souhaite durable ? Nous avons fait le choix de ne pas travailler avec les géants leaders du marché du moteur électrique, pour lutter contre une éventuelle obsolescence contrôlée. On s’explique : quand certains producteurs de batteries/moteurs ont un quasi monopole sur le marché, ils imposent aux fabricants de vélos de changer en permanence leurs vélos, et ainsi rendent vétustes les vélos des générations précédentes (2 ou 3 ans) et par conséquent, obligent les utilisateurs à changer de vélo plutôt qu’à réparer ou changer seulement batterie et/ou moteur. Cela vous paraît gros, c’est pourtant ce qu’il se passe quand un fabricant géant (capable de vendre des chaudières, des perceuses, des mixeurs ou des moteurs de vélos) créé de la nouveauté avec les batteries intégrées, cela rend irremplaçable à moyen terme les batteries des modèles précédents. Pour cette raison, nous préférons identifier des moteurs qui soient pensés autour du vélo plutôt que l’inverse. Parce qu’ils sont simples, réparables et efficaces nous avons sélectionné Pendix et Hillraser.

Tout cela, ne correspond qu’à notre regard, nos réflexions, mais le mieux, quand on peut (à chacun d’identifier cela), c’est de faire juste avec ses jambes, non ?